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Artiste pluridisciplinaire, ma pratique s’expérimente à travers la photographie, le film, la musique, la sculpture, l’installation et l’édition.
 
Une grande partie de mon travail prend pour point de départ la manière dont les individus et les communautés produisent du sens à travers les récits, les objets, les images, les rituels et les fictions collectives. Je m’intéresse à la façon dont les identités se construisent, se transmettent, se négocient ou se réinventent, mais aussi à la manière dont la mémoire et les récits partagés façonnent notre compréhension du monde et notre relation aux autres.
 
De nombreux projets émergent d’un dialogue avec l’histoire de l’art, la culture populaire ou différents systèmes de connaissance. Références, citations, détournements et clins d’œil apparaissent régulièrement dans mon travail, parfois sérieusement, parfois avec humour. Plutôt que de considérer l’histoire comme un récit figé, je la considère comme une matière vivante : quelque chose qui peut être réactivé, déplacé, réinterprété ou parfois légèrement malmené afin de mieux comprendre comment les idées circulent, se transmettent et se transforment.
 
Si les notions de mémoire, d’identité ou de transmission traversent une grande partie de mes recherches, le jeu et l’expérimentation y occupent également une place essentielle. L’humour, la fiction et les formes de fabrication assumées deviennent des outils de construction à part entière, créant des situations où ce qui est présenté, cru ou documenté peut être remis en question.
 
Au fil des années, les formes ont évolué mais les préoccupations sont restées étonnamment similaires. Mes projets prennent souvent la forme de situations construites, d’archives fictives, d’histoires spéculatives, de mondes temporaires ou d’institutions imaginées. Ils peuvent apparaître sous la forme d’installations, de films, de photographies, de chansons, de publications ou de dispositifs de recherche. Au-delà de leurs différences "formelles", ils cherchent moins à apporter des réponses qu’à créer des espaces ludique où certaines questions peuvent être explorées sous différents angles.
 
Objets trouvés, matériaux de récupération, image en mouvement, son ou technologies numériques deviennent autant d’outils permettant d’examiner les zones de friction entre ce qui est transmis et ce qui est oublié - entre ce qui est documenté et ce qui est reconstruit - entre ce qui est hérité et ce qui est inventé.
 
Plus récemment, ces recherches se sont prolongées à travers OUR LADY PUBLSH., un projet de recherche artistique consacré à la musique, à l’auteur, à l’archive et à la narration. Développé sous la forme d’un catalogue d’artistes réels ou fictifs, de publications, d’enregistrements et d’histoires reconstruites, le projet fonctionne à la fois comme archive vivante, plateforme éditoriale et cadre expérimental permettant d’explorer les questions d’identité, de mémoire, de curation, de transmission, et d’appartenance.
 
Le studio n’est pas seulement un lieu de production. C’est un dispositif, un laboratoire et un écosystème où matériaux, images, sons, récits et méthodologies peuvent coexister suffisamment longtemps pour révéler des connexions inattendues.
 
Au cœur de ces recherches se trouve une curiosité récurrente pour la manière dont les choses persistent à travers le temps : comment les souvenirs se transmettent, comment les récits circulent, comment les identités se construisent, se rejouent et se « performent », comment des fragments d'expérience continuent de se transformer et de circuler entre les personnes, les médias et les générations, bien au-delà de leur contexte d'origine.

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